Echaudé par les interminables grimaces nicholsoniennes de ''About Schmidt'', je n'étais pas spécialement pressé d'aller découvrir le nouveau film d'Alexander Payne, le nouveau golden-boy indépendant (mais suffisamment mainstream pour rafler, sinon des oscars, du moins un rang réservé à leur cérémonie). Quelques conseils glanés deci-delà et l'inanité de la concurrence m'amènent pourant, de concert, à me déplacer.

Sideways est le prototype du film qui défie intrinsèquement toute posture un tant soit peu critique. On vous le décrira "bien", drôle" voire "sympa", mais sans beaucoup plus de précisions. Pour cause, le film est aussi plaisant qu'il est inoffensif, buddy-road-movie qui n'a de dyonisiaque que son vague programme booze & butts. Autant dire, puisque la métaphore s'impose d'elle même, qu'il présente autant de caractère que le merlot californien de base, mais que pour un simple apéro, il n'est pas toujours utile d'ouvrir le grand cru classé.

Certes, on se voit infliger les split-screens sirupeux estampillés Sundance, mais outre la ressemblance comique entre le complice bodybuildé et un acteur qui meme en se rasant n'a jamais pensé à la présidence des Etats-Unis, Sideways présente un parallèle assez touchant entre l'oenologue gauche de l'écran, qui ne peut séduire que lorsqu'il s'envole pour sa passion, même au prix d'accès chroniques de mauvaise foi injustifiés, et le cinéphile, seul au premier rang.