Le Couperet
Par Grégoire, samedi 5 mars 2005 à 19:04 :: cinéma :: #11 :: rss
de Costa-Gavras,
avec José Garcia, Karin Viard, Olivier Gourmet.
(2005 - 2h02)

Sauve qui peut, la fiction de gauche est de retour ! Et devinez quoi, elle n'est pas contente !
On le serait à moins, en ces temps de mondialisation, restructurations, délocalisations, licenciements économiques, bref, ce monde où l'on ne respecte plus de l'homme que son cul, à condition qu'il soit féminin et de formes harmonieuses. Ce message, sclérosé de bon sens humaniste, nous est asséné toutes les dix minutes, aussi bien par le discours répétitif des personnages que par une omniprésence de fausses publicités, au cours de deux longues heures de supplice que sont le film. A tout prendre, vraiment, j'aurais préféré le couperet, rapide, propre, silencieux.
On a peine à croire que le scénario lourdingue de cette coproduction européenne de masse puisse être adapté d'un roman de Donald Westlake, orfèvre du polar. Mais après tout, un scénariste qui monte un flash-back sur une moitié de film pour le seul plaisir de nous fatiguer d'une voix off explicative et nous imposer deux fois une des pires scène du film (tremblements psychotiques, tsunami de sueur) pourrait bien s'avérer capable de détruire un bon roman.
L'idée, d'ailleurs, est-elle si bonne ? Bruno Davert (José Garcia) est censé être un mec intelligent, qui certes perd un peu les pédales après deux ans de chômage. Mais de là à se jeter tête baissée dans une entreprise meurtrière planifiée mais toujours improvisée parce que son adolescent de fils à utlisier une métaphore guerrière avec la télécommande ? Soyons sérieux. Costa Gavras use des mêmes sabots pour planter son décor qu'il le fait ensuite pour sa dénonciation politique. C'est beaucoup pour un seul homme, qui comme son personnage, essaie pourtant de sauver les meubles.
Dites, Monsieur Gavras, avec votre état de service, vous devez bien pouvoir prétendre à une pré-retraite, non ?
Quoi qu'en laissent penser les adaptations récentes, plutôt peu réussies, de ses œuvres par les cinéastes français (Thomas Vincent et Laurence Ferreira-Barbosa l'année dernière), Westlake, alias Richard Stark (et aussi Tucker Coe), est un auteur majeur du polar post-classique. Pensez à lui quand vous flânez en librairie ou chez un bouquiniste.
Commentaires
1. Le mardi 8 mars 2005 à 19:00, par la_dilettante :: site
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