Une semaine à blanc
Par Grégoire, vendredi 1 avril 2005 à 17:51 :: cinéma :: #21 :: rss
et quelques notes rapides.
Palindromes
Le cinéma de Todd Solonz est l'un des rares qui me soit largement indifférent, malgré son irrévérance parfois chatouillante sur le coup. De Storytelling, ne me reste ainsi que la musique de Belle and Sebastian et un vague souvenir d'un milieu middle-class américain dont il fait, comme d'autres avec le white trash, son petit fond de commerce. La musique de celui-ci, signée Nina Persson des Cardigans, est une ritournelle entêtante qui pourrait sortir d'une collaboration Argento-Morricone. Mais, peut-être à cause des toutes premières minutes manquées ou de ma trop grande fatigue, le film paraît un peu à la traîne.
Pas forcément de son idée-forme, ou annoncée comme telle. Une sorte d'Obscur Objet du Désir puissance deux, puisque l'héroïne Aviva est incarnée par huits acteurs (oui, au moins un garçon) différents. Et inutile de rêver à ce qu'aurait été le regard surpris du spectateur vierge... on en a à l'avance trop lu (et vous aussi, depuis près d'un paragraphe maintenant).
Non le film pêche surtout par son excès de cynisme à tout crin. A un tel point qu'on ne sait plus vraiment ce qu'il veut nous dire. Autour du personnage de cette petite fille qui veut à tout prix "plein de bébés", se tisse un drame familial qui se transforme rapidement en débat violent sur l'avortement. Certes, on rit facilement devant cette monstrueuse parade de petits chanteurs à la croix de bois, version Britney prosélyte. Mais rit-on vraiment de bon coeur de l'intégrisme puritain quand il est incarné par des enfants handicapés ?
Le Zéro et l'Infini (de la séduction)
Bonne nouvelle (avec quelques printemps d'avance), le mid-trentenaire est paraît-il roi sur le marché de la drague. Mauvaise nouvelle, parce qu'il en faut, si l'échantillon disponible se réduit aux trois névrosées caractérisées (comme dans 'caricature') par ce Tout pour plaire qui ne tient rien de ce qu'il promet, il va falloir agir plus vite que prévu. Cette pauvre sitcom pour la ménagère de presque quarante ans n'a même pas - faute de budget ? - les rires en boîte qui vont bien et auraient pu masquer mes soupirs désespérés.
Au cas où cet aspect télévisuel foncièrement jetable aurait été voulu, et si jamais Cécile Telerman me lit (et il y a alors, si j'en crois son film, 33% de chances qu'elle soit blonde, même fausse), je précise. Ces quelques mots n'étaient pas un compliment.
Parole d'expert
Tout compte fait, au petit jeu du film qui compte moins que le décolleté de sa voisine, quelques raisons en vrac de préférer la soupe populaire "au ketchup". D'abord le Hitch du jour est paritairement correct, les hommes n'y sont finalement pas que des gros égoïstes. Et, même si j'aime beaucoup Anne Parillaud, je la vois mal glacée au dessus de mon lit, alors qu'Eva Mendès... bon, mettons que je n'ai rien dit.
Bon, le film est évidemment commercial et calibré, quoique bien plus comédie que romantique, et ne restera même pas dans les annales comme "celui dont Will Smith faisait la promo à Paris mais plutôt qu'un day-off, on lui a donné un César". On note quand même quelques efforts de réalisation, signe qu'à Hollywood, n'importe qui ne peut pas forcément arriver et tourner n'importe quoi sans avoir appris un minimum son métier. La façon dont le montage téléscope vie quotidienne et romance rêvée, faisant penser parfois à des scènes oniriques qui nous font nous frotter les yeux, y est à noter.
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