L'un des 7 films (!!) tournées par Fassbinder au cours de la seule année 1970, Whity a de quoi surprendre, sous ses aspects de parodie brechtienne de western européen. L'action se situe dans l'Ouest américain, en 1978. Riches propriétaires terriens, la famille Nicholson règne sur la région. Autour du père, une jeune femme cupide et lubrique, deux fils dégénérés (d'un premiers lit) et le majordome Withy, fils bâtard et mulâtre. S'il tient à sa famille, il est leur souffre-douleur et leur confident, chacun essayant de mettre de son côté toutes les chances d'héritages. Seule la prostituée du saloon (Hanna Schygulla) le considère comme un humain mais il hésitera jusqu'au bout à partir... et mourir avec elle.

La théatralisation extrême du film, rend sa vision inconfortable. Balloté d'un scène à l'autre parfois sans aucun lien, étonné par ce western en allemand, dont les extérieurs sont "réalistes" (tournés en Espagne) mais dont les intérieurs présentent souvent un aspect trop construit et germaniques, on hésite entre l'incompréhension et le rire. Il faut dire que RWF ne lésine pas sur la distanciation avec les personnages. Parfois grossièrement maquillés (la famille Nicholson, au tein cadavérique par anticipation), les acteurs exécutent des actions grossièrement fausses ou outrées (rires, humiliations).

Difficile, malgré tout, de ne pas se sentir concerné par ce récit tragique de l'étranger méprisé, mais par qui tout se résoud. Whity, aux accents du Théorème pasolinien, est aussi le film dont le tournage chaotique inspira Prenez Garde à la Sainte Putain.

dernières projections de Whity à Beaubourg les 6 mai (18h) et 1er juin (18h).