Cette fille-là est une vraie "bitch", comme on dit dans son quartier. Si elle se fait caline, c'est mauvais signe. A peine cinq minutes de film de passées, et la voilà qui sussure à l'arrière d'une berline "You know just the words that turn me on. And I know what you want, too, and you're gonna get it". Bon, finalement je ne suis pas certain que c'était cela qu'il cherchait :

La fille, c'est Pam Grier, et Coffy est aussi bien son nom que celui du film. Au fond, c'est une chic fille, mais elle a un peu de tempérament. Quand elle apprend que sa petite sœur s'achète du smack avec ses étrennes, elle part s'occuper du service après-vente.
Coffy, femme et noire est une quasi super-héroïne. Elle accomplit sa vengeance avec méthode et un brin de sadisme, se truffant la chevelure de lames de rasoir avant d'aller provoquer une dizaine de filles (blanches), ou exécutant au final son fiancé, politicien black qui s'est avéré véreux, à bout portant dans les roubignolles.

Il est étonnant de voir à quel point ce film, considéré comme l'un des classiques de la blaxploitation, ces films (commerciaux) tournés par des noirs pour le public noir américain, renvoie tout le monde dos à dos. Certes, les blancs sont des mafieux, des flics pourris ou des pervers, et leurs femmes sont au mieux danseuses nues. D'accord, le seul hispanique, chef de la police, est l'un des organisateurs de la grande combine. Mais les "brothers and sisters" sont tout aussi coupables. Pas de trace ici de la bienveillance que le genre garde parfois pour les dealers et les pimps aux lunettes immenses et aux chaussures bicolores. Le seul vrai personnage intègre, un simple flic(noir bien entendu) disparaît au tiers du film, et même Coffy ne peut l'aider.

Mais même si son héroïne est une bête sauvage et vengeresse, le film n'est pas à classer parmi la catégorie facistoïde des films d'auto-défense, et prend la précaution, certes bien factice, de faire dire plusieurs fois à Coffy ses doutes, et son impression d'être dans un rêve. Finalement, Coffy est surtout un film féministe, à la gloire de celles qui assument aussi bien leur destinée que leur désir.

Coffy est disponible dans la collection "Soul Cinema", édité par la MGM. La version en zone 1 contient quant à elle un commentaire audio de Jack Hill que les français n'ont semble-t-il pas le droit d'entendre.