S2F2
Par Grégoire, jeudi 18 août 2005 à 22:00 :: cinéma :: #63 :: rss
The Island de Michael Bay
avec Scarlett Johansson, Ewan McGregor, Djimon Hounsou
(2005 - 2h12)
H2G2 : Le Guide du voyageur galactique de Garth Jennings
avec Sam Rockwell, Mos Def, Zooey Deschanel
(2005 - 1h37)
Deux des plus grosses sorties de la semaine sont des films de science-fiction. Un prétexte comme un autre pour en parler en même temps.
Dès ses premières minutes (et passé un assourdissant cauchemar au montage épileptique), The Island nous plonge dans une utopie concentrationnaire qui semble tout droit venue de l'anticipation pessisimiste qui fleurissait dans les années 1970. Ici, une population toute de blanc vêtue - vierge de couleurs comme de souvenirs - évolue sous l'oeil de patibulaires gardiens (en noir, forcément). Surveillance perpétuelle, check-ups en direct, ségrégation sexuelle, c'est plus prison dorée que lendemains qui chantent.
Seule perspective d'échappatoire, la loterie quotidienne qui entretient l'espoir aléatoire d'une vie au grand air, sur l'île paradisiaque et non contaminée. Du pain, des jeux et tout le monde se tient tranquille, sauf notre héros, Lincoln 6 Echo qui, au régime et peut-être allergique au soleil, préfère visiter les coulisses de ce monde trop parfait.

Mais l'extérieur, c'est salissant et, accompagné de sa camarade Jordan 2 Delta, ils vont rapidement devenir les moutons noirs qu'il faut à tout prix rattraper avant que, bergers grégaires, ils ne mènent l'ensemble du troupeau à la catastrophe. Le film perd dans sa dernière heure une bonne partie de son originalité et transforme la tension paranoïaque des débuts en simple jouissance oculaire devant l'enchaînement de scènes d'actions toujours plus spectaculaires.
Luttant contre la profitable anesthésie dans laquelle on l'avait plongé, le tempérament de Michael Bay refait alors surface. L'avantage par rapport à ses films précédents : le message déjà murmuré par le début du film qu'il nous assène lourdement, est plus humaniste que nationaliste.
A l'autre extrémité du spectre de la science-fiction se tient Le Guide du voyageur galactique traduction légèrement approximative du Hitchhiker's Guide to the Galaxy, série de livres culte chez nos amis anglais que le nonsense dont ce "Routad des étoiles" est truffé titillerait irrésistiblement les zygomatiques - une précision bibliographique utile à tout ceux que le titre étrange du film faisait s'attendre aux aventures du cousin germain de R2D2.
A quoi s'attendre lorsque l'on n'a pas lu la trilogie (en cinq volumes) que l'auteur Douglas Adams a tiré de son imagination nourrie aux mamelles des Monty Pythons ? A rien, ou plutôt à un joyeux fourre-tout de situations absurdes, d'extraterrestres patibulaires (eux aussi...), de machines étranges et de drôles d'effets visuels, entrecoupés de digressions animées (les MP faisaient des collages) du livre parlant qu'est le H2G2.
Mais couplée à un scénario lui-même hétéroclite - qui prend ses éléments et péripéties dans les différents titres de la série - cette accumulation peine à maintenir le rythme qui, à la découverte de cet univers, nous emportait. La longue attente et les différentes adaptations avortées ont finalement abouti à un film qui ne tient pas toutes ses promesses.
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