Godzilla Final Wars
Par Grégoire, mercredi 31 août 2005 à 12:00 :: cinéma :: #55 :: rss
de Ryuhei Kitanura,
avec Don Frye, Rei Kikukawa, Masahiro Matsuoka
(2004 - 2h04)
Héritier de l'âge atomique (il n'est pas né par hasard au Japon en 1954) et des séries B américaines (notamment des films de Jack Arnold et leurs inventifs trucages optiques) Godzilla ne cesse de venir menacer l'humanité et surtout ses réalisations en mettant à sac les plus grandes villes du monde.
Aujourd'hui, plus de cinquante ans après son apparition et à l'heure où il annonce sa sortie (?) il y a toujours une indéniable jubilation à voir un film de Godzilla. D'autant plus que Kitanura se place d'emblée, à l'occasion du générique qui énumère sur fond de chronologie les destructions et ennemis passés du grand méchant dinosaure, dans la lignée de ce qu'il faut bien appeler une tradition, celle des films de grands monstres japonais. Surtout, et c'est une très bonne surprise, Godzilla, même en 2005, ça reste toujours le salon de la maquette. Les effets spéciaux numériques sont quasiment absents du film, au profit d'immeubles en carton, de briques en polystyrène et de micro-explosions.

Ces choix esthétiques (et sans doute économiques) alimentent l'impression de modernité surrannée qui donne aux films de la série cette saveur particulière que les quelques concessions à la modernité - course-poursuite matrixienne, combats inspirés des sports extrêmes - ne parviennent pas totalement à dénaturer. Alors bien sûr, le film est beaucoup trop long et son intrigue à base de force extra-terrestre à l'intelligence (pas si) supérieure n'est construite que pour permettre une alternance maximale de combats entre humains et entre monstres - toute la faune des épisodes précédents étant ainsi convoquée à un dernier (? toujours) tour d'honneur. Mais l'amateur de bizarreries ne devrait pas museler sa curiosité, tant il est rare de voir un cosaque américain armé d'un sabre de samouraï et secondé par un bioman juvénile et deux japonaises en minijupe sauver un monde pourtant promis à une fin inéluctable grâce à l'intervention d'un grosse mite de leurs amis.
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