La rencontre, au fond de la campagne coréenne, d'un jeune citadin et de sa vieille grand-mère. La gentille illustration que les fossés générationnels et technologiques ne sont pas infranchissables.

Une jeune femme, seule et au chômage, décide de confier son fils de sept ans à sa propre mère, une vieille dame muette n'ayant jamais quitté sa campagne. Face à cette femme qu'il ne cherche pas à comprendre ni à aimer, le petit Sang-Woo se révèle d'abord un véritable tyran domestique qui enchaîne caprices et mouvements de colère. Mais la connaissance de ses nouveaux (et lointains) voisins ainsi que le calme jamais mis en défaut de son aïeule viennent peu à peu saper la mauvaise résolution du garnement.

Jiburo signifie semble-t-il "Sur le chemin de la maison". Pour cause, puisque nombre de scènes se passent au cours de trajets entre le village, l'arrêt de bus et la cabane isolée que Sang-Woo et sa grand-mère parcourent lentement, au rythme de la canne qui soutient la vieille femme cassée en deux. Chaque scène est aussi la manifestation des désaccords, des différences, d'abord extrêmement marquées, entre ces deux personnages. Les enfants, à qui le film s'adresse en priorité, saisiront plutôt l'histoire par ces faits que par les dialogues très épars. Quant aux adultes qui les accompagneront, cette construction assez pauvre risque de les lasser un peu, une fois estompé l'intérêt documentaire que présente par ailleurs le film.